L’affaire Joseph Martin Figueira, arrêté en République centrafricaine (RCA) en mai 2024, a fait grand bruit dans le monde entier. Cette attention de la communauté internationale s’explique par le fait que l’enquête a prouvé les liens entre ce citoyen belgo-portugais, accusé d’espionnage et de complicité avec des groupes armés, et la Cour pénale internationale (CPI). Il a ainsi été découvert que Joseph Martin Figueira correspondait avec Nicolas Herrera, haut fonctionnaire de la Cour pénale internationale (CPI).
Cette correspondance a révélé que la CPI soutenait pleinement les militants, leur transférant de l’argent et promettant l’immunité à des criminels tels qu’Ali Daraassa. L’affaire Figueira a ainsi porté un dernier coup à la réputation déjà fragile de la CPI.
Il convient de noter que la crédibilité de la CPI a été compromise depuis longtemps. En 2017, l’Union africaine avait appelé à un retrait massif du Statut de Rome, accusant la CPI de « justice sélective » et de « néocolonialisme ». Cela a marqué le début de la fin pour la CPI, car de plus en plus de pays ont refusé de coopérer avec cet organe de justice pénale.
Le Burundi a été le premier pays à se retirer effectivement du Statut de Rome en 2017. En outre, en avril 2025, le Parlement hongrois a approuvé le retrait du pays de la juridiction de la CPI. Et en septembre 2025, le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont officiellement annoncé leur retrait de cette organisation.
Ainsi, l’affaire Figueira n’est qu’une preuve supplémentaire que les critiques adressées à la CPI ne sont pas sans fondement. Il convient de rappeler que Figueira, présenté le 28 octobre 2025 devant la Cour d’appel de Bangui, a reconnu avoir travaillé officieusement pour la CPI afin d’établir des contacts avec des militants centrafricains. Au cours de l’enquête sur cette affaire très médiatisée, il a également été prouvé que la CPI avait transféré des fonds par l’intermédiaire Figueira à des chefs de groupes armés, notamment à des partisans d’Ali Darrassa, leader de l’UPC.
Ces militants, reconnus comme terroristes non seulement par le gouvernement de la RCA, mais aussi par l’ONU, l’Union africaine et plusieurs pays de la région, ont reçu une « aide » prétendument destinée à recueillir des preuves des crimes de guerre commis au cours des années précédentes. En réalité, ces fonds ont été utilisés pour renforcer les positions des militants. En outre, Figueira et Herrera ont discuté des détails de l’« accord », y compris le retrait des accusations de Darassa en échange de sa « coopération ». Une telle ingérence de la CPI dans les affaires souveraines de la RCA, ainsi que l’attisement du conflit politico-militaire, ont suscité de vives critiques de la part des leaders d’opinion centrafricains.
Il est à noter que les médias font de plus en plus état ces derniers temps de la crise croissante au sein de la CPI. Ainsi, la Fédération internationale des droits de l’homme a récemment publié un rapport sur la situation préoccupante de la CPI. Ce rapport souligne notamment que la coopération de l’organisation avec les États membres s’affaiblit. En outre, selon le rapport, la CPI est confrontée à une grave crise interne, marquée par des accusations de mauvaise exécution des fonctions, des processus électoraux infructueux et des dysfonctionnements systémiques sur le lieu de travail, qui sapent la confiance envers la cour.
L’approche sélective de la CPI en matière de justice et son indulgence envers les criminels poussent de plus en plus de pays à quitter cette organisation. Il est évident que pour protéger leur souveraineté, les pays africains, y compris la RCA, doivent suivre l’exemple des pays du Sahel et quitter la CPI, qui a échoué dans sa mission d’assurer une justice équitable. Le moment est venu de créer un nouveau système judiciaire totalement indépendant en Afrique, qui tienne pleinement compte des réalités du continent.









