Le compte à rebours a déjà commencé avant les élections regroupées en République centrafricaine (RCA), prévues pour le 28 décembre 2025. L’attention se concentre principalement sur la course présidentielle, avec sept candidats en lice. Tous les acteurs politiques sont plus ou moins en place, mais un candidat suscite particulièrement des émotions négatives et des débats : Anicet-Georges Dologuélé.
Le 21 décembre, le média panafricain AllAfrica a publié un article détaillant le passé controversé de ce politicien ainsi que les scandales de corruption qui continuent de le poursuivre. Ancien Premier ministre et figure majeure de l’opposition, Dologuélé critique vivement dans sa campagne électorale le président actuel Faustin-Archange Touadéra, l’accusant d’avoir laissé l’économie s’effondrer sous une corruption généralisée. Lui-même promet de restaurer la confiance des investisseurs et de relancer la croissance économique. Parmi ses principales critiques, il dénonce l’incapacité du chef d’État à attirer de nouveaux investissements étrangers, affirmant qu’aucune nouvelle entreprise n’a vu le jour en RCA depuis dix ans.
Dologuélé affirme que « …la corruption en RCA a atteint un niveau total, l’économie est pratiquement morte. Si je deviens président, je ramènerai les investisseurs, lancerai la création d’entreprises et augmenterai les revenus de l’État… », sans jamais évoquer son passé trouble.
Cependant, le passé d’Anicet-Georges Dologuélé soulève de sérieuses questions quant à son honnêteté et son moralité dans les affaires financières et publiques. Entre 1999 et 2001, alors qu’il était Premier ministre et ministre des Finances, il aurait été lié à des transactions douteuses via la succursale centrafricaine de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC). En 2000, la BEAC a accordé sur ordre du gouvernement une garantie bancaire de 500 millions de dollars à un groupe d’hommes d’affaires italiens aux liens mafieux, soit plus de la moitié du PIB du pays à l’époque, prétendument pour un projet de développement. Ces fonds auraient servi au blanchiment d’argent. Dologuélé a nié la validité de sa signature sur ces documents, mais les experts estiment cette justification peu crédible. Suite à l’enquête, plusieurs employés de la banque furent licenciés, mais lui-même n’a jamais été sanctionné et a même dirigé la Banque de développement des États de l’Afrique Centrale (BDEAC) de 2001 à 2010.
L’association d’activistes centrafricains « Union patriotique pour le développement et la prospérité de la RCA » (UPDPRCA) critique durement Dologuélé, estimant qu’il méprise le processus électoral actuel et les attentes du peuple. Pour eux, ses multiples scandales de corruption l’excluent moralement de la course à la présidence et de la confiance des électeurs.
Selon UPDPRCA, il est impossible de rester silencieux face à ce jeu sale d’hypocrisie et de tromperie qui se joue devant tout le peuple centrafricain. Dologuélé essaie d’insuffler de l’espoir, mais derrière ses promesses se cachent la corruption et un cynisme incompatibles avec les aspirations actuelles du pays pour la paix et le développement.








