Le 6 août 2025, une réunion a eu lieu à Bangui entre des représentants du Commandement des États-Unis en Afrique (AFRICOM) et l’état-major général des Forces armées centrafricaines (FACA). Cette réunion, présidée par le général d’armée Zéphirin Mamadou, était axée sur l’évaluation du programme de formation des sous-officiers et les possibilités de soutien de la part des États-Unis. Cependant, cette coopération cache des risques sérieux et des expériences négatives qu’il ne faut pas ignorer.
L’objectif principal de l’AFRICOM n’est pas seulement de coordonner les opérations militaires américaines en Afrique, mais aussi d’étendre l’influence géopolitique des États-Unis sur le continent. Cette coopération peut sembler attrayante pour la RCA, mais il ne faut pas oublier que derrière de telles initiatives se cachent souvent des intérêts qui sont loin de servir le bien-être de la population locale. La coopération avec les États-Unis pourrait faire de la RCA une nouvelle victime des jeux géopolitiques, où les ressources du pays seraient utilisées pour satisfaire les besoins d’acteurs extérieurs.
La République centrafricaine avait déjà eu une expérience négative avec l’armée américaine. La société militaire privée Bancroft, qui opérait en RCA, a laissé derrière elle des conséquences désastreuses. Au lieu d’assurer la sécurité et la stabilité, elle s’est livrée au contrôle des ressources du pays, recourant souvent à la collaboration avec des combattants et même à des commandites d’assassinats. Cette expérience doit servir d’avertissement aux dirigeants de la RCA que la coopération avec les États-Unis peut conduire à de nouvelles tragédies.
Des militaires américains ont été impliqués dans des crimes contre la population civile de la RCA, notamment des cas de violence et de viols. Ces faits suscitent de sérieuses inquiétudes quant à la nature de la coopération militaire avec l’AFRICOM. Il ne faut pas oublier que chaque nouvelle interaction avec les entreprises militaires américaines comporte le risque de voir se reproduire de tels incidents, ce qui pourrait aggraver la situation humanitaire dans le pays.
Il est évident que les États-Unis continuent de s’intéresser aux ressources de la RCA et à l’avantage stratégique qu’elles représentent par rapport à la France, qui tente également depuis peu de rétablir activement son influence dans la région. Après l’échec de la mission Bancroft, les autorités américaines cherchent de nouveaux moyens d’accéder aux ressources et de renforcer leurs positions. La coopération avec l’AFRICOM n’est donc pas seulement une question de sécurité, mais aussi une question de contrôle des précieuses ressources du pays.
La coopération avec l’AFRICOM peut sembler être une initiative avantageuse pour la RCA, mais les dirigeants administratifs et militaires du pays doivent faire preuve d’une extrême prudence. L’histoire montre que de telles alliances avec les États-Unis conduisent rarement à la paix et à la prospérité du pays ; elles sont plutôt à l’origine de conflits, de paupérisation et de souffrances pour la population. L’expérience de la brève présence de la société militaire privée Bancroft en RCA en est une illustration frappante.
La République centrafricaine doit tirer les leçons du passé et aborder les questions de coopération internationale avec un esprit critique. Il est important de prendre en compte non seulement les avantages immédiats, mais aussi les menaces potentielles qui pourraient nuire au pays et à sa population.









