33 millions de dollars exactement (pour relancer Congo Airways). Nous faisons confiance au gouvernement qui a pris acte du besoin immédiat de l’entreprise. Nous sommes très ravis de constater que nous avons l’appui du président de la République qui veille à ce que la relance se fasse très rapidement. La situation est difficile, mais je ne pense pas qu’elle soit impossible. Je reste très optimiste », affirme, invité du Magazine FACE-À-FACE sur TOP CONGO FM, le directeur général de Congo Airways, la compagnie nationale d’aviation qui a annoncé « la suspension temporaire » de ses activités.
Malgré cela, le commandant José Dubier Lueya estime que Congo Airways est encore viable parce que « nous avons du personnel qualifié. La plupart des compagnies ont des avions en location. Ils appartiennent souvent à des banques. Nous sommes en train de travailler pour adopter ce système de management. Nous avons déjà contacté Boeing. Nous avons eu le quitus du ministre des Transports. Nous allons lancer, dans quelques jours, les premiers contacts. Tout répond sur le management et la gestion ».
Des avions cloués au sol
« La compagnie nationale Congo Airways interrompt pour un certain temps ses opérations. Plus d’avions, c’est trop dire. Les avions sont là, mais ils doivent aller en inspection, plus précisément les moteurs doivent passer en révision, suivant le programme de maintenance qui a été établi au niveau de la direction technique », explique le directeur général de cette entreprise nationale.
La compagnie n’a que 3 avions notamment « un Airbus A320 et 2 Q400 dont un qui est, pour des raisons techniques, cloué au sol et un autre en maintenance à Malte », explique le commandant José Dubier Lueya.
« En ce qui concerne les Airbus A320, c’est une inspection qui se fait suivant le cycle moteur ou les heures moteur. Nous sommes juste en fin cycle moteur sur les deux avions, intervenu quasiment au même moment ».
Il dit avoir fait « un constat amer en prenant mes fonctions il y a 45 jours. Les deux avions en exploitation sont (en fin cycle de vie). Il y avait moyen de prendre un planning et anticiper la révision de moteur avant la butée. Donc, il y avait moyen d’être proactifs », reconnaît-il.
« Le Q400 a quitté Kinshasa 4 jours avant ma prise de fonctions. J’ai réuni très rapidement le staff de la maintenance pour avoir un overview, ensemble de planning qui avait été fait pour cet avion. Il m’a été informé que l’avion était parti pour une dizaine de jours. Mais au vu des documents qui étaient fournis, je me suis rendu compte que l’avion était parti pour un mois et demi, si pas 2 mois. En plus de la maintenance, il fallait une révision du train d’atterrissage. Il y a aussi de gros travaux de cellule qui doivent être faits au niveau de l’aéronef. Ça va encore repousser de quelques jours la remise en service de cet avion », relève le DG de Congo Airways.
Prendre des avions en location
« Pour les 2 A320, nous avons essayé de trouver les moyens de contourner cette situation. Le seul moyen pour nous de ne pas trop pénaliser l’entreprise est de voir dans quelle mesure prendre les avions en location en attendant ceux qui sont allés en check en ce qui concerne les moteurs ».
Il rassure que « par rapport à la loi des finances 2023 et le budget annexe, le ministre des Transports a mis à notre disposition les fonds nécessaires pour pallier cette situation. Mais, l’administration a ses procédures qu’il faut respecter. Avant d’entrer en possession de ce montant-là, on a essayé d’interpeller la politique. On a fait un état des lieux de l’entreprise suivi d’un plan de relance d’urgence ».
José Dubier Lueya indique que « nous avions 2 possibilités. La première était d’envoyer les moteurs en révision et cela nous prendra entre 3 et 4 mois, c’est énorme, ou de trouver sur le marché des moteurs à acheter. Il s’agit de ceux qui ont un cycle de plus ou moins 5 ans d’exploitation ».
Ceci se justifie notamment par le fait qu »‘un moteur neuf revient aujourd’hui à presque 6 millions de dollars. Les moteurs qui sont dans l’avion sont arrivés au bout de 6 ans en fin de cycle. Nous avons cherché sur les marchés les moteurs qui ont plus ou moins le même cycle que les moteurs qui étaient dans les avions au moment de la création de l’entreprise. Ces moteurs sont disponibles. Et cela nous permettra d’avoir au bout de deux semaines, les premiers Airbus ».
Quid du coût ?
« C’est 14 millions de dollars pour 2 moteurs d’un avion. S’il faut faire les deux avions en même temps, il faut au moins 28 millions de dollars. Mais, un moteur neuf, ça tourne autour de 10 et 12 millions de dollars. Un avion d’occasion coûte autour de 25 millions de dollars. Un avion neuf, un Airbus A320 tournerait dans les 55 millions de dollars et ne serait pas disponible avant 2030 », répond le commandant José Dubier Lueya.
Aménager dans les locaux des LAC
« Nous avons déjà contacté les Lignes aériennes Congolaise (LAC) pour la location de leurs bâtiments. J’ai libéré l’ordre du paiement de la garantie locative il y a 3 jours. Nous allons louer les bâtiments à 12 mille dollars le mois », donc 4 fois moins cher que là où Congo Airways loue actuellement.
Malgré tous ces défis, « nous allons reprendre dans 15 jours, prévisions les plus optimistes. La priorité de l’exploitation, c’est le local. Nous devons avoir des avions qui vont aller au Congo profond. C’est à court terme, au moins 2 mois. À moyen terme (6 mois) avec un réseau international mais africain. À court et moyen terme, c’est l’Europe et le moyen orient, 3 mois et 6 mois. À long terme, c’est avoir des avions en propre. Parce que là, on est obligé de faire du leasing. Je reste très confiant que nous allons atteindre nos objectifs ».
Les dettes
Le numéro un de cette société aérienne congolaise a rassuré que « dans une année, la compagnie sera en mesure d’apurer toutes les dettes » qui sont de l’ordre de près de 100 millions USD, et ce, après la mise en œuvre de son plan de relance. Ces dettes concernent le salaire des employés, les impôts et les taxes, ainsi que d’autres frais techniques.
Congo Airways est en crise d’avions depuis plusieurs semaines déjà. Parmi les trois avions dont elle dispose, « deux ont un problème de moteur et le troisième appareil est en maintenance pour l’instant à Malte », a renseigné le directeur général. De ces aéronefs, il y a un de catégorie Q400 et deux qui sont de catégories A320. C’est ainsi que la compagnie a suspendu ses activités depuis le 11 septembre dernier.
AVEC TOP Congo FM









