Le fléau du banditisme, connu sous le nom de « Phénomène kuluna », sera désormais confronté à la justice militaire de Kinshasa/Matete. Cette décision, annoncée jeudi lors d’une entrevue avec la presse par le nouvel Auditeur militaire supérieur de la région, le Colonel magistrat Lita Goro Jean, marque une nouvelle phase dans la lutte contre la criminalité urbaine qui sévit depuis trop longtemps dans la capitale congolaise.
Depuis sa prise de fonctions à la fin de l’année 2023, le Colonel Lita Goro Jean a identifié trois problèmes majeurs nécessitant une action urgente : l’activisme des miliciens Mobondo à la frontière du grand-Bandundu, l’occupation illégale de terres par des militaires et des policiers aux dépens des civils, et bien sûr, le fléau du banditisme urbain incarné par les Kuluna.
Pourquoi les Kuluna devraient-ils désormais être jugés par la cour militaire ? Selon le Colonel Lita Goro Jean, les actes perpétrés par ces délinquants pourraient être qualifiés de terrorisme, ce qui justifie leur comparution devant la cour militaire en vertu des dispositions du Code pénal militaire.
» Le parquet militaire a pensé que les faits que ces malfrats »Kuluna » commettent à travers la ville de Kinshasa, et ailleurs, peuvent être qualifiés de terrorisme, prévu et puni par les articles 157 et suivants du Code pénal militaire « , a-t-il souligné.
Afin de garantir une application efficace de cette décision, le Colonel Lita Goro a convoqué les commandants de district de la Police nationale congolaise, leur demandant de transférer dorénavant les dossiers concernant les Kuluna à l’Auditorat militaire.
Déjà, 54 Kuluna ont été transférés à l’Auditorat près le tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Matete et ont été placés en détention à la prison centrale de Makala en attendant leur procès. De même, 65 autres suspects ont été renvoyés devant le tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Gombe, où ils seront jugés pour leurs actes.
Interrogé sur le sort qui attend ces accusés, le Colonel Lita Goro Jean a répondu avec fermeté : « Ils seront soumis à la rigueur de la loi militaire. » Il a également souligné la nécessité de renforcer les capacités des officiers de police judiciaire afin qu’ils puissent mener des enquêtes approfondies et présenter des dossiers complets devant les tribunaux militaires.
Cette décision marque un tournant dans la lutte contre la criminalité à Kinshasa, envoyant un message clair aux délinquants : la justice militaire ne tolérera pas l’impunité.
Yves Nsiala









